Accueil » Bibliothèque » * Déchets dangereux » * Déchets post-catastrophe

Gestion des déchets produits par les inondations : approche pour une méthodologie d’élaboration de plan de gestion

http://www.cepri.net


Les inondations sont parmi les catastrophes naturelles celles qui, sur le territoire français, ont non seulement la plus grande probabilité d'occurrence mais sont également les plus productrices de déchets. Ces déchets posent des problèmes quant à leur impact sur le fonctionnement du territoire, et questionnent les autorités publiques sur les moyens à mettre en oeuvre pour leur gestion. Leur enlèvement et traitement sont une étape primordiale au redémarrage économique et social des territoires.

En 2002 Prague et Dresde ont toutes deux été touchées par des crues importantes. A Prague 270 000 tonnes de déchets ont été produites, elles ont nécessité 11 mois pour leur élimination. A Dresde, la production a atteint l'équivalent de trois années de cumul de collecte.

La nature s'étend des déchets dangereux aux déchets issus des dommages et destructions du bâti, en passant par les déchets mous, les déchets végétaux, les laisses d'inondation, etc...., qui sont parfois mélangés. L'expérience montre que les gestionnaires ne sont préparés à faire face ni à une telle quantité ni à de telles catégories de déchets, d'autant que leurs moyens d'intervention peuvent être limités du fait même de l'inondation : locaux, sites, machines impactés par la catastrophe, personnel dans l'incapacité de se déplacer...

Les responsabilités en matière de gestion des déchets post-catastrophe ne sont pas clairement établies. Il n'existe pas non plus de dispositif «  ad hoc » qui permettrait de préciser les modalités d'intervention lors de la gestion des déchets post-catastrophe (qui finance, qui pilote, qui fait ?). Les dispositifs actuels de gestion des risques (PPR, PCS, DICRIM,...) d'une part et de gestion des déchets d'autre part n'ont pas pris la mesure de l'importance de l'anticipation de la gestion des déchets post-catastrophe et de fait, aucun d'eux n'a été conçu pour y répondre explicitement.

La transposition de la Directive Déchets 2008/98/EC inclura l'obligation d'intégrer la prise en compte des déchets produits par les catastrophes technologiques et naturelles dans les plans régionaux et départementaux de prévention et de gestion des déchets respectivement dangereux et non dangereux.

Ce projet du CEPRI propose de poser les bases d'une réflexion méthodologique sur l'anticipation de la gestion des déchets post-catastrophe, à travers l'exemple des inondations. Le CEPRI souhaite ainsi faciliter la préparation et l'organisation des collectivités territoriales et participer à accélérer, le moment venu, la collecte et le traitement des déchets produits par une catastrophe de type inondation. Ce « nettoyage » est le premier pas vers un retour à la normale pour les populations et la reprise de l'activité économique d'une zone sinistrée. L'accélérer c'est également accélérer le redémarrage du territoire.

Budget : 70 000 €
Calendrier : Octobre 2010 - Septembre 2012
Partenaires : ADEME, Conseil général du Loiret, Conseil régional du Centre
Productions attendues : rédaction d'un rapport posant les bases de la réflexion méthodologique sur l'anticipation de la gestion des déchets post inondation et édition d'un document de sensibilisation à destination des acteurs potentiels de la gestion des déchets post-catastrophe

Si ce projet vous intéresse (information, participation), contactez nous julien.jadot@cepri.net

Les déchets de la tempête Xynthia

Le 30 septembre 2010

Source : L'association Les Robins des Bois

http://www.robindesbois.org/dechets_post_cata/dechets_post_cata.html


L'association de protection de l'Homme et de l'environnement Robin des Bois publie le rapport qu'elle a réalisé avec le soutien de l'ADEME sur la collecte, l'inventaire et la gestion des déchets consécutifs à l'évènement Xynthia (pdf 111 pages - 8 Mo). Il a été rédigé à la suite des nombreuses et nécessaires visites de terrain, rencontres et échanges prolongés avec les parties concernées. Suivi de recommandations et illustré, ce rapport est destiné à tous les élus, services de l'Etat, associations, citoyens et organes de presse intéressés par les impacts différés des catastrophes climatiques, naturelles, urbaines, ou industrielles.


Où en est la collecte des déchets générés par la tempête Xynthia  ?

Le 29 Octobre 2010

Actu-Environnement.com


Neuf mois après la tempête Xynthia qui a ravagé la Vendée et la Charente-Maritime, les traces de la catastrophe sont encore visibles. Si le plus gros des déchets a été ramassé, de nombreux résidus doivent encore être traités.
 
Où en est la collecte des déchets générés par la tempête Xynthia ?

Plus de 6.000 tonnes de déchets, 6.400 véhicules hors d'usage (VHU) et 70 tonnes de cadavres d'animaux...Tels sont les tonnages de déchets générés par la tempête Xynthia en février dernier, retrouvés dans les communes de Vendée et de Charente-Maritime sinistrées, selon un rapport de l'association Robin des Bois publié fin septembre. Les investigations de terrain ont été menées d'avril à fin juin 2010, notamment à Faute-sur-Mer et l'Aiguillon-sur-Mer, deux communes du littoral vendéen parmi les plus touchées. Figurent aussi les communes de La Rochelle ou d'Aytré, ainsi que les îles de Ré et d'Oléron, les plus impactées par la tempête dans le département de Charente-Maritime.

Selon Guy Soulié Belrepayre, directeur de l'unité territoriale DREAL Poitou-Charentes, subdivision de Charente-Maritime,"les déchets stockés temporairement dans les déchetteries ont été envoyés en décharges et les gravats vers des stations de recyclage ou de centre de stockage de déchets inertes. Les déchets issus d'un pré-tri ont été envoyés dans les dépôts de ferraille avec les véhicules noyés''. Beaucoup de Véhicules Hors d'usage (VHU) ont été stockés dans des aires autoroutières ou le parking du parc des expositions de la Rochelle : ''ces véhicules une fois déclarés impropres à la circulation sont désossés dans des centres VHU mais cela nécessitera encore quelques mois avant que tous les véhicules soient complètement pris en charge'', a-t-il souligné.

Les laisses de submersion difficiles à traiter

Toutefois si depuis la catastrophe, le plus gros et le plus visible des déchets ont été enlevés et mis en sécurité, des problèmes de gestion des résidus persisteraient dans les territoires concernés, selon Jean-Pierre Edin, l'un des auteurs du rapport des Robin des Bois. Ces laisses de mer concernent une grosse quantité de plastiques utilisés en conchyliculture, des matériaux d'isolation ou encore des bouteilles de gaz ''retrouvés jusqu'à 4 kms à l'intérieur des terres". Ces déchets ''ont plus ou moins été collectés par les agriculteurs et par les services du département" mais leur prise en charge est encore difficile surtout au sein des services des petites communes - dédiés principalement au traitement des ordures ménagères - car ''il n'y a rien de prévu pour ce type de déchets mélangés'', rappelle M. Edin. Conséquences : beaucoup de brûlages sauvages interdits et "susceptibles d'émettre des micropolluants atmosphériques" ont été pratiqués par certains agriculteurs. ''Sur tous ces territoires, il reste encore pas mal de déchets et on en trouvera encore pendant des mois et des années'', a-t-il indiqué.

La DREAL Poitou-Charentes se veut toutefois rassurante : ''ces déchets n'ont pas été brûlés'', assure M. Soulié Belrepayre. Selon Etienne Vitret, directeur du Smictom Val d'Aunis, l'un des acteurs de la collecte en Charente-Maritime, ces déchets "ont notamment été stockés dans le centre de Villedoux où 700 tonnes de déchets verts ont été compostés mais aussi dans le centre de Charron (1.400 tonnes) dont le tiers doit prochainement être évacué soit en décharge ou en compostage''. ''Tous les déchets devraient être collectés d'ici au 1er trimestre 2011 en Charente-Maritime'', ajoute M. Soulié Belrepayre. Selon lui, le fonds de solidarité de l'UE (qui va débloquer une aide de 36,5 M€, ndlr) va intervenir pour notamment ''servir à gérer les déchets'' et remettre sur pieds les infrastructures endommagées. De leur côté, la préfecture de Vendée et la DREAL des Pays de la Loire, interrogées sur le sujet, n'ont pas souhaité répondre.

Outre les laisses de submersion, les services ont souvent été désorganisés face à l'afflux des Déchets d'Equipements Electriques et Electroniques (DEEE) tels que TV, réfrigérateurs, ordinateurs, cuisinières, matériels de bricolage. Les déchetteries ont très vite été saturées. L'association Robin des Bois relève aussi un problème de gestion des VHU : ''La préfecture n'a pas été déterminante dans le choix des sites, la filière est très dispersée entre les assureurs et remorqueurs. Du coup, les voitures sont encore à l'abandon''.

Les structures uniques de gestion des déchets plus opérationnelles

Dans ce type de catastrophe, la difficulté pour les acteurs locaux est de collecter, regrouper, stocker et inventorier les déchets avant qu'ils ne soient dispersés, rappelle Robin des Bois. La plupart des déchets sont partis en décharge, une des solutions ''les moins coûteuses". Car il y a un manque de réglementation et d'organisation : "c'est encore de l'improvisation et ça mériterait qu'il y ait une centralisation de la gestion des déchets pour qu'en cas de catastrophe, il y ait une mise en commun des moyens d'actions et d'informations", estime M. Edin. C'est notamment le cas en Vendée, où les déchets ménagers et assimilés produits par les 26 communautés de communes du département sont traités par une structure unique, le syndicat mixte Trivalis. La gestion ''se passe plutôt bien car il y a peu de déperdition de l'information et de conflit de compétences'', note Robin des Bois. La responsable de communication de Trivalis a d'ailleurs affirmé que tous les déchets issus de la tempête auraient été collectés : ''les laisse de mers générées par la tempête retrouvées dans les rues ont été pris en charge par notre syndicat ; nous les avons acheminées jusqu'à notre centre de stockage des déchets ménagers et assimilés situé à Talmont-Saint-Hilaire'' tandis que celles ''retrouvées sur les voies départementales ont été prises en charge par la Direction des Infrastructures Routières et Maritimes du Conseil Général de la Vendée'', a précisé Marie-Thérèse Terrée.

En Charente-Maritime, plusieurs structures communales (Communauté d'Agglomération de La Rochelle, Communauté de Communes de l'Ile d'Oléron, Smictom Vals Aunis...) s'occupent en revanche des déchets , "ce qui peut poser des problèmes de compétences et de qui paye quoi'', note M. Edin.

Destruction des maisons en ''zones noires'' : vers de nouveaux déchets générés

D'autres déchets devraient être générés dans les mois à venir par les destructions des habitations situées en "zones noires" ou ''zones de solidarité" dans les deux départements. Conformément à la réglementation, le traitement de ces déchets devrait être assuré par les entreprises chargées de la déconstruction. Plus de 1.300 maisons seraient au total concernées. De grandes quantités de gravats "seront étalés dans le temps, au rythme des décisions de vente à l'amiable à l'Etat par les propriétaires", prévient d'ores et déjà Robin des Bois. En cas de rachat, l'Etat acquéreur va-t-il opter pour la démolition ou la déconstruction des maisons  ? ''On attend de voir si l'Etat sera exemplaire et récupérera les matériaux ou s'il démolira pur et dur'', a indiqué Jean-Pierre Edin.


Recommandations

Robin des Bois a formulé plusieurs recommandations ''préventives'' pour aider les acteurs locaux à gérer les déchets post-catastrophe. Parmi les préconisations figurent : l'intégration du thème déchets dans le Plan Communal de Sauvegarde, l'élaboration des plans type Polmar (Pollution Marine) désignant des lieux de regroupement des déchets, l'introduction dans les cahiers des charges des éco-organismes d'une clause imposant la reprise des déchets post-catastrophe qui entrent dans leur périmètre de compétence (ex : pneus, meubles, mobil-homes ...), mais aussi la création des structures provisoires pour centraliser les VHU ou encore l'organisation de la collecte des bouteilles de gaz.
Certaines recommandations devraient être intégrées dans les plans de prévention des risques, a précisé Jean-Pierre Edin, mais ''dans plusieurs années...''


Les déchets post-catastrophe

Sources : Association Les Robins des Bois

http://www.robindesbois.org/dechets_post_cata/dechets_post_cata.html


Les catastrophes naturelles ou industrielles génèrent des quantités considérables de déchets dont la récupération, le tri, le stockage, le recyclage, le stockage ou le traitement sont particulièrement difficiles. Leur impact sur la santé humaine et l'environnement ne sont pas pris suffisamment en compte tant sur le court que sur le long terme. Robin des Bois a initié en 2005 une réflexion sur ce sujet avec les professionnels du traitement des déchets qui a abouti à la création du GEIDE post-catastrophe (Groupe d'Expertise et d'Intervention Déchets). Un rapport intitulé « Déchets post-catastrophe : risques sanitaires et environnementaux » a été publié avec l'aide de l'ADEME en 2007 (voir ci-dessous). Dans la continuité de ces travaux, l'association a saisi l'occasion du Grenelle pour faire inscrire cette thématique dans les engagements, ce qui a conduit à la création d'un groupe de travail chargé, sur la base des retours d'expérience disponibles, d'énoncer des recommandations. Les comptes-rendus de ce groupe piloté par Robin des Bois ainsi que le document de synthèse sont ici mis à disposition.

Déchets post-catastrophe : risques sanitaires et environnementaux

Le rapport complet - Septembre 2007 v3 (300 pages, 20 Mo)
Le rapport sans les annexes (138 pages, 2,5 Mo)
Les annexes seules (162 pages, 16 Mo)

Le groupe de travail déchets post-catastrophe

Compte-rendu de la 1er réunion du 18 mars 2008. (pdf)
Les inondations : témoignages d'Amiens Métropole et de la ville de Nîmes.

Compte-rendu de la 2ème réunion du 18 avril 2008. (pdf)
Présentation par la DDSC de la loi de modernisation de la sécurité civile du 13 août 2004.
Tricolor et Vicky, Polmar pas Polmar. Présentation de la DRIRE Nord-Pas-de-Calais.
Les plans Polmar et l'expertise du CEDRE.

Compte-rendu de la 3ème réunion du 16 mai 2008. (pdf)
Présentation du retour d'expérience de l'INERIS sur la gestion des déchets post-accidentels. (pdf)
Complément par le CEDRE à la présentation de la précédente réunion. (pdf)
Le cyclone DEAN et les déchets dans un contexte insulaire par l'AFPCN. (pdf)
Les bois après les cyclones avec les informations de l'ONF.
Le cyclone Katrina et les déchets par Robin des Bois.

Compte-rendu de la 4ème réunion du 18 juin 2008. (pdf)
Exemples de problématiques déchets après des accidents industriels inventoriés par le BARPI. (pdf)
Les déchets de bois après les catastrophes naturelles par l'ONF. (pdf)
DEEE en catastrophe par Eco-Systèmes. (pdf)

Compte-rendu de la 5ème réunion du 4 septembre 2008. (pdf)
La filière assainissement dans les dispositifs de gestion de crise et de retour à la normale par la FNSA.
L'insertion de la filière agricole dans les dispositifs de gestion de crise par la FNSEA.
Discussions des recommandations.

Recommandations du groupe de travail. (pdf)


article déchets post-catastrophe (156.4 ko)

Jacky BONNEMAINS Président de Robin des Bois